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L'engagement : pour ou contre ?



  • Qu’est-ce qu’on fait ?

  • Qu’est-ce qu’on peut faire quand on ne sait pas quoi faire ?

  • Qu’est-ce qu’on peut faire en attendant de savoir ce qu’on doit faire ?

Commencer

Par quoi on commence ?


Que l’on parle d’engager une discussion ou s’engager dans une action, il y a l’idée d’un commencement, d’un point de départ, d’une impulsion.


L’engagement désigne une action par laquelle on initie quelque chose, sans même que la fin de l’action soit nécessairement prévue, ni forcément accomplie.


S’engager, c’est donc se lancer, sans savoir forcément où l’on va, sans savoir si ce qu’on fait est bien ou non, si l’acte va atteindre ou non la finalité que nous avons projetée.


C’est donc le premier paradoxe que l’on va rencontrer quand on veut être sûr(e) (avoir des certitudes sur la suite des évènements), avant de s’engager.


Il est important de conscientiser que :


Si notre besoin implique d'avoir une certitude alors nous ne sommes plus dans le mouvement de la vie car la vie comporte l’ensemble des potentialités de résultats. Nous restreignons notre vision à l’une des nombreuses probabilités que notre choix va engendrer. Nous sommes en limitation.


S’engager, c’est décider de ce que l’on a envie de réaliser, se respecter dans sa vérité du moment sans en avoir prévu - de manière théorique - toutes les conséquences, ni même savoir si l’on en sera capable ou même si cela nous permettra de nous réaliser.


Ce à quoi nous disons « oui » au moment du choix, c’est à l’expérience qui va suivre cet engagement. Car l’engagement n’est pas dans la réalisation mais bien dans le choix initial. Et ce choix doit avoir pour initiateur : Vous !


Il est impératif que cet élan soit le vôtre et qu’il corresponde à vos envies du moment ;


Et après ?

Après avoir posé la première action qui est comme la signature de notre contrat « personnel », nous avançons pas à pas vers l’expérience, nous adaptant, nous réjouissant, parfois nous maudissant mais nous sommes dans l’expérience.

Que nous ressentions une certitude pratique ou une incertitude théorique, l’engagement est l’acte par lequel nous suspendons notre jugement pour prendre une décision.

S’engager, c’est répondre à un désir par rapport à une situation dans laquelle on se trouve :

Que l’on s’engage dans une relation ou que l’on s’engage dans l’armée, il s’agit d’une situation à laquelle on répond.


S’engager, c’est se décider à agir en attendant qu’on sache comment « agir au mieux », précisément parce que c’est l’expérimentation qui nous amènera la réponse à cette question et nous permettra d’adapter, de revoir, de modifier ou de consolider l’engagement.


Si nous nous arrêtons à vouloir « savoir » comment bien agir, nous serons indéfiniment en train de spéculer sans se lancer.


S’engager, c’est se décider, cesser de délibérer ou de demander conseil. C’est prendre la responsabilité de sa vie en ayant "autorisé" notre envie et noter les "oui mais" potentiels afin de pouvoir les englober dans notre action.


Tels ces voyageurs égarés en forêt, que Descartes donne en exemple, qui, au croisement de deux chemins dont ils ignorent l’issue, n’ont rien de mieux à faire que de « s’engager » sur l’un des deux, sans hésiter et sans revenir en arrière :

« car au moins ils arriveront à la fin quelque part, où vraisemblablement, ils seront mieux que dans le milieu d’une forêt ».

Pour autant, l’engagement n’est pas un engagement envers une situation future ou passée ou envers autrui. C’est un engagement envers soi-même.


Et çà s'arrête quand ?


L'engagement c'est être en accord avec un choix et poser une action. Ce qui est vrai à l’origine du choix ne l’est parfois plus des années plus tard. Ce n’est pas rompre un engagement. L’engagement a été fait, il est clos.


Quand cela ne vous convient plus. Il ne s’agit pas d’une rupture de contrat, c’est tout simplement mettre fin à une situation qui n’est plus conforme à votre souhait initial et qui a été actée par l’engament.


L’engagement c’est votre « oui » initial à l’expérience.


Un engagement n’est pas rester englué dans l'expérience actuelle, ni même de s’en libérer en s’abstrayant du monde, mais une manière de se considérer comme « situé » dans l’histoire et dans le monde.


L’engagement est la « prise » consciente de sa responsabilité de vie, une manière de «prendre » son pouvoir, d'être le réalisateur de sa vie.


S’engager, c’est d’une certaine manière, se dégager de certaines entraves mentales pour commencer à agir.


L’engagement c’est s’incarner dans le présent, s’actualiser.


L’engagement est étroitement lié à l’action, mais aussi à la parole : l’engagement se dit, et c’est en se disant qu’il existe ; il se déclare, se formalise dans une parole.


Et là encore, il n'est pas question de monter sur une estrade ou de faire un communiqué dans la presse. C'est la prise de parole pour nourrir votre décision par votre énergie, et le cas échéant, en informer ceux et celles qu'elle pourrait concerner.


S’engager c’est prendre la parole avec le langage.


Pour conclure

S’engager, c’est donc le dire, et en le disant, le faire.

C’est associer le verbe créateur à l’énergie de la création.


1 Comment


Merci Florence pour ce texte, tellement parlant pour moi. Etre dans l'action plutôt que d'attendre que le meilleur moment arrive pour faire qqchose. Et être aussi dans le présent ça aide.

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